Service de Neurologie
et d'Explorations Neurologiques

Hôpital de Carcassonne, Aude, France.


Centre Hospitalier Antoine Gayraud
11890 Carcassonne cedex


Rene Magritte, La Memoire

L'ECOLE DE LA MEMOIRE DE CARCASSONNE

Edition du 28 Septembre 2005 de l'independant Aude : http://www.lindependant.com/

Reprise des exercices veillant à la bonne santé de la mémoire

A compter du mois d’octobre, L’Ecole de la mémoire va reprendre après une année de mise en sommeil. Ce partenariat, créé en 1996 entre l’hôpital et le Centre communal d’action sociale, vise à mettre un frein aux troubles bénins de la mémoire.

"On constate que beaucoup de monde, de plus de 70ans, se plaint de troubles de la mémoire", explique Christian Tannier, chef de service de neurologie au centre hospitalier de Carcassonne. "Une minorité des cas, 30% d’entre eux, est liée à Alzheimer. Les autres sont des personnes ayant des oublis bénins qui ne correspondent pas à une maladie évolutive. L’Ecole de la mémoire est pour le moment destinée à ces derniers. Peut-être l’an prochain, nous nous occuperons également des Alzheimer si nous arrivons à avoir un groupe homogène de malades", ajoute-t-il.

Instaurée en 1996 dans la ville, suite à un partenariat entre le Centre communal d’action sociale (CCAS) chargé de la gestion administrative et le service de neurologie du centre hospitalier animant les séances, L’Ecole de la mémoire a connu l’an dernier une année de sommeil.

"Un essoufflement passager dû à plusieurs facteurs, commente Jeannine Vincent, adjointe au maire pour tout ce qui est social. Il y a eu le changement au niveau de la mairie et un manquement dans la relance de l’information auprès du public".

Dans 100% des cas c’est "j’oublie des noms"

Mais l’utilité de la structure est remontée grâce aux patients lors de consultations médicales. C’est ainsi que L’Ecole de la mémoire va reprendre ses leçons dès le mois d’octobre avec déjà une dizaine de personnes intéressées.Au plus fort des années passées, une vingtaine d’élèves était inscrite. Mais comment sont décelés les troubles bénins de la mémoire? Par ordre décroissant, voici les remarques les plus entendues chez les personnes âgées. Dans 100% des cas c’est "j’oublie les noms", puis à 95% c’est "je perds mes clefs et mes lunettes", pour 90% c’est "je ne sais pas si j’ai pris ou non mes médicaments", pour 87% c’est "j’oublie en chemin ce que je vais faire", etc.

Perte d’autonomie dans la vie quotidienne

"La mémoire est un phénomène neuro-biologique où sont impliqués des médiateurs chimiques, rappelle le docteur Christian Tannier. Lorsque l’on n’entraîne pas assez sa mémoire cela conduit à une baisse du fonctionnement cérébral. Les connexions neuronales s’amenuisent si on ne les utilise pas. Cela peut arriver à la retraite quand il y a moins d’activités intellectuelles. Ces oublis bénins mènent à une perte d’autonomie dans la vie quotidienne avec, entre autres, un isolement et une perte du rôle social". Au sein de L’Ecole de la mémoire qui a pour objectif de stimuler et de rééduquer les mémoires défaillantes, une stratégie individuelle est mise en place par des neuro-psychologues (Martine Eychenne et Monique Cadène).

Ces dernières ont été formées à la méthode d’activation de la mémoire basée sur des moyens mnémotechniques issus d’un article scientifique écrit par Liliane Israël en 1982. L’un des exercices consiste, par exemple, en la mémorisation de mots écrits en désordre sur une feuille. Il faut alors créer une histoire avec ces morceaux épars de vocabulaire sans liens apparents. Autre exemple, l’exercice des points de couleur sur un damier dont il faut se remémorer l’agencement. Là encore, il s’agit de le faire avec méthode. Dernier exemple, si on veut se souvenir de quelque chose qui nous a été dit, il faut le replacer dans le contexte où on l’a appris. "Les troubles de la mémoire sont un souci de santé publique", réaffirme Christian Tannier.

My. D.

Article de l'independant avec son aimable autorisation

Ari


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